Le Musée municipal

Propriété de la Ville, la Tour du Moulin accueille le Musée Municipal. Jean-Baptiste Derost et François Ginet-Donati, deux érudits locaux, y aménagent la première salle du musée (1913).
Le musée est labellisé Musée de France depuis 2002.

Plusieurs ensembles constituent nos collections :

• Un ensemble constitué de majoliques italiennes, de faïences de Delft et de faïences françaises des XVIIe et XVIIIe siècles avec notamment des pièces réalisées à Moustiers, Rouen et Nevers. Le musée expose ainsi un ensemble de pots de pharmacie en provenance de l'hôpital de Marcigny. Des céramiques d’autres origines jalonnent le parcours.

• Le musée présente également un ensemble de sculptures et de peintures religieuses allant du XVIe siècle au XIXe siècle.

• Vous pourrez aussi découvrir une collection géologique et archéologique, avec des pièces préhistoriques et médiévales, dont certaines sont issues de l'ancien prieuré clunisien.

• Un espace particulier est réservé à l’histoire locale et aux personnalités fondatrices.

Pour enrichir ce parcours avec une approche toujours renouvelée, une salle d'exposition temporaire permet de mettre en avant des œuvres et des artistes contemporains.

La Tour du Moulin

L’Histoire de Marcigny commence au XIe siècle avec la fondation par Saint Hugues, abbé de Cluny, du premier monastère clunisien destiné aux femmes de haute lignée. Son rayonnement permet le développement de la ville déjà très active grâce à son port sur la Loire et ce jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Les remparts édifiés au XIVe siècle sont renforcés au XVe, sur ordre de Jean-sans-Peur, deuxième duc de Bourgogne, au cours de la guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons (1407-1435).

Après la mort de Charles le Téméraire, en 1477, la Bourgogne devient française. La Tour du Moulin (1480-1520) est construite en pierres de calcaire jaune à entroques*. Elle apparaît comme un acte d’allégeance à la Couronne, présentant les caractéristiques de l’art militaire français initié par Louis XI : bossages (plus de deux cents), témoignant de la richesse de ses commanditaires, archères à la française à double ébrasement permettant d’utiliser au mieux les nouvelles armes (couleuvrines).

La charpente, d’une hauteur de 14 mètres, construite en bois de châtaignier, témoigne d’une parfaite maîtrise de la part des compagnons. Une retenue d’eau, alimentée par un bras du Gruzelier venant de Semur-en-Brionnais, actionnait le moulin à farine situé à l’époque, au rez-de-chaussée de la Tour. Celle-ci est classée au titre des Monuments Historiques en 1909.

La maison attenante au musée de la Tour du Moulin est construite en pierres de remploi (début du XXe siècle). Les sculptures encastrées dans la façade provenant de l’ancien prieuré sont inscrites au titre des Monuments Historiques (1931).

*débris coquilliers, traces de sédimentation marine du jurassique.

En savoir plus sur les bossages
En savoir plus : la maquette de Marcigny au XVIème siècle

Les fondateurs

J.B. Derost (1867-1949)

Jean-Baptiste Derost est né à Marcigny en 1867. Ce relieur-imprimeur de profession est un amoureux des vieux manuscrits qu’il épluche avec une curiosité insatiable. Rapidement, ses recherches vont lui permettre de rédiger un « Essai Historique sur Marcigny » et une « Chronique sur Marcigny ». Jean-Baptiste Derost est membre de la Société Française des Historiens locaux et fonde la Société d’Etudes du Brionnais avec son ami François Ginet- Donati.

Ce duo est à l’origine même de la création du Musée de la Tour du Moulin en 1913, dans cet édifice déjà classé monument historique depuis 1909. Ils accumulent dans une salle modeste toutes leurs trouvailles faites dans la région : monnaies, gravures, portraits, bustes, sculptures, poteries romaines, fossiles, minéraux, silex taillés ou polis de l’âge de pierre. Notre fondateur historique et poète à ses heures, s’éteint à 82 ans en 1949, après une vie consacrée à l’histoire locale et à sa diffusion.

F. Ginet-Donati (1865-1938)

François Ginet-Donati, né à Marcigny en 1865, est l’un des fondateurs du Musée de la Tour du Moulin. C’est lui qui a œuvré, en tant que conseiller municipal, pour le classement de la Tour du Moulin comme Monument historique en 1909. En 1913, il prend la décision avec Jean-Baptiste Derost de transformer ce lieu en musée d’histoire locale.

Pour cela, François Ginet-Donati va mobiliser ses connaissances en archéologie et en histoire de l’Art. Formé aux Arts Décoratifs de Paris, cet artiste érudit est aussi sculpteur et peintre. Son goût aiguisé et son immense savoir vont véritablement susciter les vocations de ses successeurs au Musée de la Tour du Moulin, lesquels, encouragés par l’initiative audacieuse de ce fondateur, enrichiront ce lieu comme un écrin pour l’histoire de Marcigny et sa région.

Les donateurs

Charles Damiron

Charles Damiron est un avocat et ancien bâtonnier du Barreau de Lyon qui arrive à Saint-Loup d’Artaix dans la région de Marcigny pour prendre sa retraite. Dès son arrivée il rejoint l’association « Les Amis des Arts de Marcigny et la région » dont il devient le président d’honneur du Conseil d’Administration en 1938.

Grand collectionneur de faïences et de sculptures anciennes, il lègue un tiers de sa collection de faïences au Musée de Marcigny, soit cent cinquante pièces. Les majoliques italiennes, œuvres majeures de ce don, vont permettre au musée de la Tour du Moulin d’être labellisé « Musée de France » en 2002.

Grand donateur de céramiques, Charles Damiron a enrichi les collections de plusieurs musées, dont celui des Arts Décoratifs de Lyon. Un accord avec ce musée, voulu par Charles Damiron, a permis au musée de la Tour du Moulin d’obtenir des prêts d’objets destinés à compléter la collection de Marcigny.
Cet érudit généreux a su partager sa passion pour la faïence à travers plusieurs ouvrages qui font référence. On doit également à Charles Damiron la création de la salle du premier étage, consacrée aux statues de bois et de pierre du XIIIème au XVIIIème siècles.

Les autres donateurs

Plus de 140 donateurs et prêteurs - originaires de Lyon, comme Paul Gillet, soyeux, qui à l'instigation de Ch. Damiron, fit don du magnifique plat dit "de Piero Strozzo" ou "plat Gillet", ou encore de Paris, Moulins, Mâcon, Chambilly, Melay, Semur-en-Brionnais... - ont enrichi notre musée.

Beaucoup de donateurs entreprennent aussi cette démarche afin de protéger des objets précieux, en les rendant inaliénables. Pour n'en citer que quelques-uns : Quentin Ormezzano, Georges Déclas, Victor Fourcaud, Marcel Perrot.

Les prêteurs

• Le musée des Arts Décoratifs de Lyon

est l’un des prêteurs les plus importants du Musée de la Tour du Moulin.
Un prêt ou dépôt d’œuvre(s) peut s’établir entre deux musées grâce à une convention signée entre leurs conservateurs respectifs. Les prêts sont destinés à enrichir les collections déjà exposées.
Charles Damiron, collectionneur érudit de faïences anciennes, a fait profiter notre Musée du don très généreux du tiers de sa collection particulière. Mais il a également traité directement avec le musée des Arts décoratifs de Lyon, afin d’obtenir des prêts d’œuvres majeures pour la Tour du Moulin, soit une quarantaine de pièces. Ces œuvres sont exposées ici depuis 1952 grâce à un premier dépôt, et depuis 1958 grâce à un second dépôt.

• L’ancien Hôpital de Marcigny

a déposé une quantité importante d’objets d’art sacré et d’arts décoratifs à la Tour du Moulin. L’ensemble des vases et boîtes de pharmacie exposés provient de l’ancienne apothicairerie de l’hôpital, ainsi que les portraits de Sainte Raingarde, de Marie-Madeleine repentante, de Georges Goutaudier, ou encore le tableau de la Déploration du Christ.
Des meubles précieux comme nos bahuts médiévaux, la superbe statue en bois doré et polychromé de Saint-Georges à cheval terrassant le dragon, récemment restaurée, et d’autres objets en céramique (Vierge d’accouchée) ont été également déposés à la Tour du Moulin, qui veille depuis à leur conservation et à leur restauration.
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