Approche historique et artistique du Palais Bourbon

Compte-rendu de la conférence de Jacky Darne le 14 décembre 2021

Jacky Darne, le conférencier, est ancien député du Rhône et il a exercé divers mandats locaux. Administrateur de l’association des Amis des arts, il écrit également pour la revue Mémoire Brionnaise.

Le Parlement français est constitué de deux assemblées : le Sénat et l’Assemblée nationale. Le Sénat siège au Palais du Luxembourg et l’Assemblée nationale au Palais Bourbon. La conférence est consacrée au palais lui-même, mais aussi aux assemblées qui ont siégé en son sein.

Les diverses étapes de la construction et de l’utilisation du palais sont décrites dans une première partie, alors que la seconde est consacrée aux œuvres présentées.

L’histoire du Palais Bourbon

Son histoire trouve son origine à la cour de Louis XIV. Le jeune roi – il a 25 ans – s’éprend de Mme de Montespan qui est la dame d’honneur de sa maîtresse précédente, la duchesse de la Vallière. Il a, entre 1669 à 1678, 7 enfants avec elle. Il les reconnaît tous. La 4e est Louise Françoise, née en 1673. Louis XIV la marie, alors qu’elle n’a que 12 ans, au duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé.

Louise François est une belle femme, au comportement très libre. Après la mort de son mari, en 1710, son nouvel amant est le comte de Lassay. Elle décide de construire un palais, à la limite de la ville de Paris, au bord de la Seine face à la construction d’un pont qui est alors seulement envisagé. Elle cède une partie des terrains au comte de Lassay, afin qu’il construise un palais à côté du sien. Les travaux durent de 1722 à 1728. Le style est proche de celui du Grand Trianon de Versailles.

Les deux palais, Bourbon et Lassay, restent propriété des descendants des fondateurs jusqu’à la Révolution française.  Le prince de Condé émigre alors avec sa famille et il constituera une armée ; qui combattra aux côtés des Autrichiens, contre la France. Un décret prononce la confiscation des biens des émigrés, donc du Palais-Bourbon.

Le palais devient propriété de l’état. Par un autre décret, du 18 septembre 1795, la Convention affecte le Palais Bourbon au Conseil des Cinq-cents. Il n’y a pas de salle assez grande pour y tenir les séances, les architectes Jacques-Pierre Gisors et Étienne-Chérubin Leconte sont chargés d’en construire une.  Lorsqu’elle est terminée, le conseil des Cinq-cents s’installe au Palais Bourbon, à partir du 21 janvier 1798.

De 1806 à 1810, sous le premier empire, l’architecte Poyet construit la façade telle qu’elle est connue aujourd’hui.

Lors de la Restauration et dans les années qui suivent, le palais bénéficie de nombreuses transformations qui demeurent jusqu’à aujourd’hui : construction d’un nouvel hémicycle, le précédent étant de trop mauvaise qualité, construction des salons, de la bibliothèque, du portique d’entrée, puis, quelques années après, du Quai d’Orsay, ajout d’un étage à l’hôtel de Lassay…

Pour clore cette première partie, sont listées les différentes assemblées qui ont, au cours de ces deux derniers siècles, siégé au Palais. Quelques événements marquants sont évoqués : attentat, inondations, coups de revolver, occupation du palais par les Allemands en 1940, discours du général de Gaulle en 1945.

Approche artistique du Palais-Bourbon

Les sculptures extérieures

Les principaux artistes sont des sculpteurs du XIXe siècle, à l’exception de l’œuvre de la cour d’honneur, la Sphère des droits de l’homme de l’artiste américain Walter de Maria. Toutes les œuvres sont choisies pour valoriser les valeurs auxquelles les élus devraient se référer :

* Le fronton (1842) de Jean Pierre Cortot La France, entre la Liberté et l’Ordre public, appelant à elle les génies du Commerce, de l’Agriculture, de la Paix, de la Guerre et de l’Éloquence (ci-dessous) ;

 

* le bas-relief Prométhée animant les arts (1833) de François Rude ;

* le bas-relief de James Pradier, L’Instruction publique. (1839) ;

* les sculptures de quatre grands « serviteurs de l’État » : Colbert, Sully, Michel de l’Hospital, d’Aguessau ;

* Les sculptures de deux déesses Thémis et Athéna ;

La « Sphère des droits de l’homme » de l’artiste américain Walter de Maria  

L’hémicycle

Parmi les principales œuvres présentées, deux sont emblématiques :

L’École d’Athènes, tapisserie de la Manufacture des Gobelins (avec au centre Socrate et Platon)

Bas-relief de Lemot « La Renommée embouchant sa trompette publie les grands événements de la Révolution et l’Histoire écrit le mot République »

Les peintures du plafond de la bibliothèque (45 mètres de long sur 10 de large) d’Eugène Delacroix sont parmi les œuvres les plus admirées du Palais. 27 panneaux sont peints (la Législation, la Théologie et la Poésie, la Philosophie et les Sciences.)

Au cul de four, est représentée la guerre : Attila suivi de ses hordes barbares foule aux pieds l’Italie et les Arts 

D’autres pièces contiennent de nombreuses peintures ou sculptures : salon Delacroix, salon Pujol, salle des pas perdus, salle des 4 colonnes, salon Casimir Périer, Rotonde Alechinsky, salle des fêtes de l’Hôtel de Lassay, salle des tapisseries…

La conférence se termine par un débat au cours duquel les questions posées permettent d’évoquer le fonctionnement du Palais (les séances, les questions) et la nature du travail parlementaire.

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