Perle-oasis des Routes de la soie, Dunhuang et ses grottes bouddhiques

Conférence du 19 octobre 2021 par Jean-Rémy Bure

Jean-Rémy Bure, professeur, spécialiste de la Chine où il a vécu, revient à Marcigny pour nous faire découvrir les grottes bouddhiques de Dunhuang, après ses conférences des années précédentes consacrées, entre autres, à la peinture chinoise.

Après avoir situé dans l’espace et le temps Dunhuang, Jean-Rémy Bure fait découvrir la richesse de ses grottes creusées et décorées entre le 4e siècle avant J.C. et le 14e siècle de notre ère. Elles sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

I.  Localisation des grottes.

Elles sont situées en Asie centrale sur un territoire appartenant aujourd’hui à la Chine mais qui fut dépendant, au cours de l’histoire, de différents occupants [dits les peuples barbares] ce qui explique la diversité des influences que l’on constate dans les œuvres.

Dunhuang est situé sur l’ancienne route de la soie, sur la fin de la partie chinoise de la route. Dunhuang est donc un carrefour des cultures. La route de la soie, route commerciale qui liait l’Extrême Orient et l’Occident, s’est développée au cours de la dynastie Han, aux alentours de – 200. Elle a été progressivement abandonnée à partir du 14e siècle. Dunhuang était une sorte de poste de douanes, un lieu de perception de diverses taxes et elle disposait donc de moyens.

Il existe plusieurs sites de grottes : celui de Magao, le plus important avec 735 grottes, dont seulement dix sont ouvertes à la visite pour les touristes, et datant du 5e siècle ; celui de Yulin, celui des Mille bouddhas.

Dunhuang est entourée de montagnes et de déserts, mais elle est une oasis en ce qu’elle est alimentée par l’eau des montagnes et développe des cultures vivrières, tels que les abricots et les raisins.

2. Description des grottes

Les grottes de Magao sont creusées par des moines bouddhistes dans les falaises qui surplombent la Dachuan, au sud-est de l’oasis de Dunhuang, dans la province du Gansu. Elles abritent depuis le IVe siècle une vaste collection de joyaux de l’art bouddhiste.  Elles réunissent 45.000 mètres carrés de peintures murales et plus de 2.000 statues peintes.

 Les œuvres illustrent divers aspects du bouddhisme, mais aussi de la politique, de l’économie, de la chasse, de la guerre. Il n’’y a pas, en tant que tel, un style artistique de Dunhuang, mais des  styles adaptés des coutumes provenant de l’Inde, du Tibet, de la Perse, des mongols, de la Chine…

L’absence d’humidité a permis une bonne conservation des peintures et sculptures qui n’ont pas eu, en général, besoin de restauration

Le conférencier illustre les apports des différents occupants, des différentes dynasties qui se sont succédé, en projetant un grand nombre de peintures murales et de sculptures, dont voici quelques exemples :

En fin de conférence, et dans le débat avec les auditeurs qui la suive, Jean-Rémy Bure explique qu’après la découverte, en 1900, de la Grotte bibliothèque de Mogao et de ses dizaines de milliers de manuscrits il y eut de nombreux vols par des explorateurs anglais, français, russes, allemands, américains. Certains ont découpé des peintures murales ou volé des sculptures. C’est pourquoi on retrouve dans des musées de ces différents pays des œuvres de Magao.

Jean-Rémy Bure rédige un ouvrage sur ses expériences de la vie en Chine. Nous vous informerons dès sa parution.

Photo par Jean-Rémy Bure qui montre le modernisme de certaines oeuvres

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