Les châteaux anglais au et XVIIIe siècle : style, décoration, jardins

Le temple ionique, l'obélisque et l'étang miroir, Chiswick House

Conférence du 28 septembre 2021 par Bénédicte Cottin, historienne de l’art, guide conférencière.

Bénédicte Cottin revient à Marcigny après nous avoir fait bénéficier de ses compétences au cours des années précédentes, puisqu’elle nous a déjà parlé des Villas palladiennes à Venise, ainsi que des Résidences et châteaux allemands au XVIIIème siècle ; aujourd’hui elle nous présente les châteaux anglais du XVIIIe S. Son exposé est illustré de très nombreuses reproductions et de la présentation de nombreux rois, princes et artistes. Nous n’en retenons que quelques-uns dans ce compte-rendu.


La conférencière restitue tout d’abord le XVIIIe siècle anglais dans l’histoire politique et artistique du pays. Le célèbre portrait du roi Henri VIII par Hans Holbein le Jeune, illustre le long règne de ce monarque de 1509 à 1547. Après sa mort, son seul fils légitime, Édouard, âgé de 9 ans, devient roi sous le nom d’Édouard VI, mais il meurt sans enfant à 15 ans. Sa demi-sœur Marie devient reine mais elle n’a pas de descendance et, à sa mort en 1558, c’est la fille d’Henri VIII et d’Anne Boleyn qui devient reine sous le nom d’Élisabeth 1ère. A la mort celle-ci, en 1603, la dynastie Tudor disparaît au profit de la dynastie Stuart, Jacques VI d’Écosse, devenant Jacques Ier d’Angleterre. Puis Charles Ier (1625-1649) lui succède mais les tensions de plus en plus violentes avec le Parlement aboutissent à une guerre civile et à la Révolution. Charles Ier est décapité en 1649. Le 19 mai 1649, Cromwell proclame la république. Celle-ci ne dure pas très longtemps puisque le fils de Charles I, Charles II, rentre à Londres et se fait couronner le 23 avril 1661. Il règne jusqu’en 1685. Il n’a pas d’enfant légitime. Son frère catholique Jacques II lui succède, mais il ne respecte pas l’habeas corpus et doit fuir en France à la suite de la Glorieuse Révolution. En 1688, le Parlement offre la couronne à sa fille Marie, protestante et épouse du Stathouder de Hollande, Guillaume III. Ce dernier est petit-fils par sa mère du roi Charles Ier, décapité, et il est cousin germain de Marie d’Angleterre. La Glorieuse Révolution assure une stabilité religieuse en Angleterre et la sécurité pour les protestants qui vont alors y émigrer de toute l’Europe. Après la révocation en France de l’Édit de Nantes, en 1685, 200 000 protestants quittent la France pour l’Angleterre. Guillaume règne seul après la mort de son épouse jusqu’en 1702. Anne lui succède jusqu’en 1714. Ce sont alors les règnes des quatre George : George 1er règne de 1714 à 1727, son fils George II lui succède et règne jusqu’en 1760, puis George III est roi durant 59 ans jusqu’en 1820. Enfin George IV, fils de George III règne jusqu’en 1830.

L’influence d’artistes majeurs
Bénédicte Cottin souligne l’influence très forte d’artistes étrangers sur les créateurs anglais.
Le premier est Antoon van Dyck (1599-1641) peintre baroque flamand, qui est le principal peintre de cour en Angleterre, après avoir connu un grand succès en Italie et en Flandre.
Le second est l’architecte italien Andrea Palladio (1508-1580). Si le palladianisme apparaît dès le XVIIème s. en Europe, en Angleterre il a une grande influence après la traduction de son traité Les quatre livres de l’architecture, dans lequel il explique les principes fondamentaux de son style. Ils sont la symétrie et les proportions. Celles-ci doivent être équilibrées, d’où souvent un plan carré centré autour d’un hall ou d’une cour, car il permet, entre autres, une symétrie parfaite. Inigo Jones (1573-1652) a découvert l’œuvre de Palladio lors d’un voyage en Italie, il réalise des constructions qui s’en inspirent.
A la mort d’Inigo Jones en 1652, Christopher Wren devient le grand architecte anglais, promouvant principalement le style baroque. Mais, dès la fin du XVIIème siècle, ce style est contesté, devenant de plus en plus excentrique et exubérant, il est qualifié, de trop « catholique ». C’est alors le retour à un style plus épuré.

Les jardins : jardins à la française ou jardins à l’anglaise ?
Que ce soit dans l’architecture ou dans l’aménagement des jardins, il y a ambivalence dans les relations entre l’art français et anglais. D’un côté il y a imitation : le château de Versailles donne des idées aux architectes, aux décorateurs, aux jardiniers, mais il y a aussi rejet de ce qui vient d’un ennemi constant.
Ces deux approches sont radicalement opposées : le jardin à la française (André Le Nôtre) porte à son apogée l’art de l’ordre et de la symétrie, alors que le jardin à l’anglaise prend le contre-pied. Il est une esthétique privilégiant la redécouverte de la nature sous son aspect sauvage et poétique.

Quelques peintres importants
La conférencière termine son exposé par la présentation de deux peintres de référence et par la projection de quelques-unes de leurs œuvres.
Joshua Reynolds (1723 -1792) est un grand portraitiste, il est, sous George III, le premier président la Royal Academy.
Thomas Gainsborough (1727 – 1788) est dessinateur, portraitiste et paysagiste. Il est très populaire, peint la famille royale, il est l’un des fondateurs de l’école britannique du paysage. Il évite les références à l’art de la Renaissance italienne ou à l’Antiquité.

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