Année 2016

Gérard Paillard – Du 4 mai au 20 juin 2016

Cher Gérard

Pour commencer, je vais rappeler une phrase que vous aviez prononcée lors de l’une des toutes premières réunions préparatoires à la réorganisation récente. Vous aviez dit ceci « Je suis très attaché au musée de la Tour du Moulin ». Et cette phrase à elle seule justifie votre présence ici, puisque le Musée en organisant cette exposition vous sait gré de cet attachement, en particulier au regard des services que vous nous avez rendus, notamment lorsqu’Edouard Déchelette était conservateur.

Je vais m’appliquer à retracer quelques points de votre carrière. Après des études d’architecture aux beaux-arts de Paris, vous avez exercé votre profession en tant que scénariste ou scénographe, et aussi galeriste, pour de très nombreuses expositions, à Paris et dans le monde entier, pour des marques aussi prestigieuses qu’Hermès, Morabito, les cristalleries de Saint-Louis, Agatha Ruiz de la Prada, dans des lieux aussi emblématiques que la Bibliothèque Forney, les Archives nationales, le Trianon de Bagatelle, le Musée de la Marine, et sur des thèmes d’exposition très divers, de la marqueterie de paille à l’orfèvrerie et à la porcelaine, en passant par l’écaille, la lingerie ou encore les outils de jardins, les bateaux des douanes et les métamorphoses d’Orphée, mais aussi pour des musées locaux comme celui de la ligne de démarcation à Génelard. Vous avez aussi œuvré en tant que designer pour des marques de mobilier telles que Pierre Cardin ou Steiner. Outre vos talents de concepteur, vous faites aussi preuve de qualités manuelles, dans la construction de mobilier, vitrines, cadres…

Photo prise par Emmanuelle Bernard

C’est au cours des années 80 que vous avez élu domicile en Brionnais, où votre goût très sûr et votre inventivité ont fait merveille dans la restauration de belles demeures de notre contrée.

Qui dit architecture, design, conception, dit aussi outils pour exercer ces métiers. Autrefois c’étaient le rapporteur, l’équerre et le tire-ligne, à présent c’est l’ordinateur et la CAO ou le DAO. Entre les deux, il y a le fameux Rötring, ou stylo-plume de l’architecte. C’est avec cet outil que vous travaillez toujours et que vous nous offrez les beaux dessins que nous voyons aujourd’hui. « Dessins récents », approximativement la 5ème centaine dans votre production demeurée très confidentielle jusqu’à présent.

Qui dit dessin d’architecte pense aussitôt graphisme, académisme, géométrie, noir et blanc, précision du trait, perspective, ombres portées. Grâce à vous nous voyons aussi des contrastes : abstrait/figuratif, réaliste/étrange ou surréaliste, sérieux/humoristique, ville/nature, mer/campagne, vue d’ensemble/détail…

Moins architecturaux, nous aimons vos fleurs stylisées, vos petits bonshommes en observation ici ou là, vos arbres et vos tours tronqués ou vos escaliers sans fin, vos paysages toscans, vos oiseaux aux aguets… ou vos clins d’œil sensibles à la vie quotidienne … et bien sûr plus philosophiques, vos vanités, drôles ou piquantes.

Pour conclure je parlerai un peu de vous, cher Gérard, votre modestie dût en souffrir.  Vous êtes un homme discret et pudique, si réservé que je n’ai appris que tout récemment – alors que nous nous connaissons somme toute depuis une vingtaine d’années – que vous consacriez de nombreuses heures chaque jour au dessin d’art. Vous êtes aussi quelqu’un de généreux, fidèle en amitié, attentif aux autres. C’est pour toutes ces raisons que nous sommes heureux de vous recevoir pour cet accrochage.

Discours inaugural prononcé par Roseline Fricaudet lors du vernissage de l’exposition le 3 mai 2016.


Louise Frydman – Du 28 juin au 31 octobre 2016

Née en 1989, Louise Frydman travaille et vit entre Paris et la Bourgogne où elle prépare la plupart de ses pièces et installations comme « La Fée des pétales » qui a enchanté la cour de l’Hôtel de Croisilles dans le Marais à Paris fin 2015.

Diplômée de l’ESAG-Penninghen en 2012, Louise Frydman a déjà exposé ses travaux à plusieurs reprises en s’essayant à la photographie et à la sculpture papier, mais c’est la céramique et l’utilisation de l’argile qui correspondent le plus à son projet artistique. Elle perfectionne sa technique auprès de Jean-François Reboul dans son atelier de Mazille près de Cluny en bénéficiant de l’immense expérience de ce céramiste chevronné. Louise Frydman explique très bien sa préférence en affirmant que l’argile lui permet des torsions et des étirements qui traduisent fidèlement la poésie et l’épure de son univers inspiré par la nature bien sûr, mais aussi par la délicatesse de la culture japonaise.

Les œuvres en céramique exposées à la Tour du Moulin offrent une résonnance évidente aux collections de faïences anciennes du musée et démontrent qu’une technique ancestrale peut donner vie à l’univers contemporain d’une jeune artiste comme Louise Frydman.

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